Vous êtes demandeur d’emploi et vous lancez votre entreprise ? Vous avez besoin de fonds pour démarrer et vous avez entendu parler de l’ARCE ? Vous vous demandez si c’est la bonne aide pour vous, combien vous pouvez toucher et comment l’obtenir ?
L’ARCE, ou Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise, est une aide financière versée par France Travail. Elle transforme une partie de vos allocations chômage en capital de départ. Cet article vous explique tout ce qu’il faut savoir, de manière simple et directe, pour obtenir l’ARCE et financer le lancement de votre activité.
L’essentiel de l’ARCE en 2025 : Tableau Récapitulatif
Pour comprendre rapidement le fonctionnement de l’ARCE, voici un résumé des points importants.
| Définition | Une aide financière versée en capital par France Travail pour les créateurs d’entreprise. |
| Pour qui ? | Les demandeurs d’emploi qui bénéficient de l’ARE (allocation chômage) et créent ou reprennent une entreprise. |
| Montant | 60 % du montant de vos droits à l’allocation chômage restants (depuis le 1er juillet 2023). |
| Conditions Clés | Bénéficier de l’ARE + Obtenir l’ACRE + Créer/reprendre l’entreprise après la fin de votre contrat de travail. |
| Versement | En 2 fois : une moitié au début, l’autre 6 mois plus tard si l’entreprise existe toujours. |
| Alternative | Le maintien partiel de vos allocations chômage (ARE) chaque mois. |
Quelles sont les conditions précises pour bénéficier de l’ARCE ?
Pour obtenir l’ARCE, vous devez respecter trois conditions cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas remplie, votre demande sera refusée. Il ne faut en oublier aucune.
- Bénéficier de l’allocation chômage (ARE) : Vous devez être indemnisé par France Travail. Si vous êtes demandeur d’emploi mais n’avez pas encore de droits ouverts, vous devez attendre de percevoir l’ARE. La demande d’ARCE se fait après l’ouverture de vos droits. Vous pouvez bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) sous certaines conditions.
- Obtenir l’ACRE : L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est une exonération partielle de charges sociales la première année. L’obtention de l’ACRE est une condition obligatoire pour demander l’ARCE. La demande se fait auprès de l’URSSAF au moment de la création de votre entreprise. Pensez à bénéficier de l’Aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise (ACRE) avant toute chose.
- Créer après la fin du contrat de travail : Votre entreprise doit être créée ou reprise après la date de fin de votre dernier contrat de travail. Vous ne pouvez pas avoir démarré votre activité pendant votre préavis, par exemple.
Quel est le montant de l’ARCE et comment le calculer en 2025 ?
Le calcul du montant de l’ARCE a changé récemment. Depuis le 1er juillet 2023, le montant de l’aide a été augmenté. Pour les demandeurs d’emploi dont le contrat de travail a pris fin après cette date, le montant de l’ARCE est égal à 60 % du capital de vos droits ARE restants. Avant, ce taux était de 45%.
Ce capital correspond au montant journalier de votre allocation multiplié par le nombre de jours d’indemnisation qu’il vous reste. Sur le montant brut obtenu, France Travail prélève une déduction de 3 %. Cette somme participe au financement des retraites complémentaires.
- Vous avez droit à une allocation de 50 € par jour pendant 500 jours.
- Votre capital de droits ARE est donc de : 50 € x 500 jours = 25 000 €.
- Le montant brut de l’ARCE est de 60 % de ce capital : 25 000 € x 60 % = 15 000 €.
- France Travail déduit 3 % pour la retraite : 15 000 € x 3 % = 450 €.
- Le montant net que vous recevrez est de : 15 000 € – 450 € = 14 550 €.
Le calcul dépend de votre situation personnelle. Pour avoir une idée précise du montant pour votre projet, il est conseillé d’estimer le montant de votre ARCE via le simulateur officiel de France Travail.
Modalités de versement : quand et comment est payée l’ARCE ?
Le versement de l’ARCE n’est pas fait en une seule fois. Il est réparti en deux versements égaux. Chaque versement correspond donc à la moitié du montant total de l’aide.
Le premier versement, soit 50 % de l’aide, est payé au démarrage de votre activité. Il est versé à la date de création de votre entreprise ou, si elle est plus tardive, à la date où vous obtenez l’ACRE. Ce premier paiement vous aide à couvrir les premières dépenses.
Le second versement sous conditions
Le second versement de 50 % intervient 6 mois plus tard, à partir de la date du premier paiement. Pour le recevoir, vous devez remplir une condition simple : votre entreprise doit être toujours en activité. Vous devrez fournir un justificatif à votre conseiller France Travail. Attention, si vous avez repris une activité salariée en CDI à temps plein entre-temps, vous ne pourrez pas toucher ce second versement.
Les démarches pour demander l’ARCE étape par étape
La demande d’ARCE est une démarche assez simple mais qui doit être faite dans le bon ordre. Voici les étapes à suivre pour ne rien oublier.
- Obtenir l’ACRE : C’est le point de départ. Sans l’attestation de l’URSSAF prouvant que vous bénéficiez de l’ACRE, votre demande d’ARCE sera bloquée.
- Contacter votre conseiller France Travail : Prenez rendez-vous avec votre conseiller pour lui présenter votre projet de création ou de reprise d’entreprise et l’informer de votre souhait de demander l’ARCE. C’est le contact principal pour votre dossier.
- Remplir le formulaire de demande : Votre conseiller vous remettra un formulaire de demande d’ARCE. Vous devrez le compléter avec les informations sur votre projet et votre situation.
- Fournir les justificatifs : Vous devrez joindre à votre formulaire les documents demandés. Les plus importants sont :
- Le justificatif d’admission à l’ACRE délivré par l’URSSAF.
- Un document officiel prouvant la création ou la reprise de votre entreprise. Il faut fournir un justificatif d’immatriculation comme un extrait Kbis ou un document du Registre National des Entreprises (RNE).
Une fois le dossier complet, France Travail l’étudie et procède au premier versement si toutes les conditions sont remplies.
ARCE ou Maintien de l’ARE : comment choisir ?
Choisir l’ARCE signifie renoncer au versement mensuel de vos allocations chômage. L’autre option est le maintien partiel de l’ARE. Le choix dépend entièrement de votre projet et de votre situation financière. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, seulement la solution la plus adaptée à votre cas.
| ✅ Choisir l’ARCE est une bonne idée si… | ✅ Choisir le Maintien de l’ARE est mieux si… |
|---|---|
| Vous avez un besoin de capital de départ important pour acheter du stock, du matériel ou financer de la trésorerie. | Vous préférez la sécurité d’un revenu mensuel fixe, surtout si les premiers revenus de votre entreprise sont faibles ou incertains. |
| Vous prévoyez de vous verser un salaire ou des dividendes rapidement et n’avez pas besoin d’un complément de revenu mensuel. | Votre entreprise ne nécessite pas un gros investissement de départ et vous pouvez commencer avec peu de frais. |
| Vous êtes prêt à renoncer à la validation de trimestres de retraite liés à l’indemnisation chômage. L’ARCE n’en valide aucun. | Vous souhaitez continuer à valider des trimestres de retraite grâce à vos allocations, ce qui est important pour votre future pension. |
Que se passe-t-il en cas de cessation d’activité ?
Le risque d’échec fait partie de l’entrepreneuriat. Si vous êtes obligé de mettre fin à votre activité après avoir perçu l’ARCE, vous ne perdez pas tous vos droits au chômage. En cas de cessation d’activité, vous pouvez demander votre réinscription comme demandeur d’emploi auprès de France Travail.
Vous pourrez alors récupérer le reliquat de vos droits, c’est-à-dire les droits à l’ARE qu’il vous restait au moment de la demande d’ARCE, moins le montant déjà perçu. Concrètement, vous pourrez toucher les 40 % restants de votre capital de droits, sous forme d’allocations mensuelles. Une période d’attente peut s’appliquer avant que les versements ne reprennent.
FAQ – Questions fréquentes sur l’ARCE
Voici des réponses courtes aux questions que beaucoup de créateurs d’entreprise se posent sur l’ARCE.
L’ARCE est-elle imposable ?
Oui, l’ARCE est considérée comme un revenu. Vous devez déclarer les sommes perçues aux impôts dans la catégorie « traitements et salaires » l’année de leur versement. Le montant est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Peut-on toucher l’ARCE si on est en Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) ?
Oui, c’est possible. Les bénéficiaires de l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP), versée dans le cadre du CSP, peuvent demander l’ARCE dans les mêmes conditions que les bénéficiaires de l’ARE.
L’ARCE donne-t-elle droit à des trimestres de retraite ?
Non. Contrairement au maintien de l’ARE qui permet de continuer à valider des trimestres, le versement de l’ARCE en capital ne valide aucun trimestre pour votre retraite. C’est un point important à considérer dans votre choix.
Peut-on cumuler ARCE et ARE ?
Non. En choisissant l’ARCE, vous cessez d’être indemnisé au titre de l’ARE. Vous recevez un capital, et les 40% restants de vos droits sont mis en attente. Vous ne pouvez pas recevoir les deux en même temps.
