Combien vous coûte vraiment l’encaissement par carte : la méthode de calcul

Combien vous coûte vraiment l’encaissement par carte : la méthode de calcul

Quand un professionnel compare deux solutions d’encaissement, il regarde le taux de commission. C’est le chiffre mis en avant partout, c’est celui qui se retient, et c’est celui qui induit le plus souvent en erreur.

Un taux ne se compare pas à un autre taux. Il se compare à un coût mensuel complet, calculé sur votre volume à vous. Voici comment le faire.

Les trois postes à séparer

La commission

Un pourcentage prélevé sur chaque encaissement. C’est le poste qui grossit avec votre activité.

L’abonnement au service

Un montant fixe par mois, indépendant de ce que vous encaissez. Certaines offres n’en ont pas, et compensent par une commission plus élevée.

Le matériel

Un terminal se loue au mois ou s’achète une fois. Le paiement sur smartphone supprime ce poste, puisqu’il n’y a pas d’appareil.

À ces trois-là s’ajoute, dans certaines offres, un coût fixe par transaction : quelques centimes prélevés à chaque paiement, quel que soit son montant. On y revient plus bas, parce que c’est le poste qui fait le plus de dégâts chez ceux qui encaissent de petites sommes.

Le calcul de base

Votre coût mensuel se résume à :

(volume encaissé × taux de commission) + abonnement + loyer du terminal

Prenez votre volume réel, pas une estimation optimiste. Si vous avez déjà un historique, additionnez vos encaissements par carte des trois derniers mois et divisez par trois.

Faites ce calcul pour chaque offre que vous comparez. Vous obtenez trois ou quatre nombres comparables, ce que les taux affichés ne vous donnaient pas.

Le seuil de bascule

C’est la question qui revient le plus souvent : à partir de quand une offre avec abonnement devient-elle moins chère qu’une offre sans ?

Il y a une réponse, et c’est une division.

Seuil = différence d’abonnement ÷ différence de taux

Prenons deux offres. Les chiffres qui suivent sont fictifs, choisis pour que le calcul soit lisible : ils ne correspondent à aucune offre du marché.

Offre A : 1,70 % de commission, pas d’abonnement.

Offre B : 0,90 % de commission, 20 € d’abonnement par mois.

Différence d’abonnement : 20 €. Différence de taux : 1,70 % − 0,90 % = 0,80 %, soit 0,008.

20 ÷ 0,008 = 2 500 €.

En dessous de 2 500 € encaissés par mois, l’offre A coûte moins cher. Au-dessus, l’offre B. À 2 500 € pile, les deux reviennent au même.

Refaites cette division avec les chiffres des offres que vous comparez, et comparez le résultat à votre volume réel. Vous saurez en trente secondes laquelle vous convient.

Le piège des petits paniers

Un coût fixe par transaction ne se ressent pas de la même façon selon ce que vous vendez.

Imaginez une offre à 1 % de commission plus 0,25 € par transaction.

Sur un panier de 150 €, le coût est de 1,50 € plus 0,25 €, soit 1,75 €. Rapporté au montant, cela fait 1,17 %.

Sur un panier de 15 €, le coût est de 0,15 € plus 0,25 €, soit 0,40 €. Rapporté au montant, cela fait 2,67 %.

Le même tarif coûte plus du double en proportion. Si votre activité repose sur de nombreux petits paiements (boulangerie, tabac-presse, bar, snack), c’est le poste à regarder en premier, avant le taux de commission.

Pour le vérifier chez vous, divisez votre volume mensuel par votre nombre de transactions. Ce panier moyen détermine quelle offre vous convient, bien plus que le pourcentage affiché.

Les cartes qui ne coûtent pas la même chose

Toutes les cartes ne se valent pas pour le professionnel qui encaisse.

Les cartes de particuliers émises en France et dans l’Espace économique européen relèvent du tarif standard. Les cartes professionnelles et commerciales, ainsi que certaines cartes émises hors de cet espace, peuvent faire l’objet d’une tarification différente.

Si vous travaillez beaucoup avec des entreprises, ou si vous recevez une clientèle étrangère, demandez ces conditions avant de signer. Elles sont rarement sur la page d’accueil.

Ce qui n’est pas dans le tarif affiché

Quatre éléments passent sous le radar et pèsent plus que quelques dixièmes de pourcent.

La durée d’engagement. Deux mois, douze mois, trente-six mois : ça change tout si la solution ne vous convient pas. Demandez aussi les conditions de résiliation.

Les frais d’entrée. Frais de mise en service, frais de dossier, frais d’installation. Certaines offres n’en ont pas ; vérifiez plutôt que de supposer.

Le délai de versement. Entre le moment où le client paie et celui où l’argent est sur votre compte, il s’écoule un délai. Quotidien, hebdomadaire, mensuel : si vous avez une trésorerie tendue, ce point compte autant que le taux.

L’existence d’une réserve. Certains prestataires retiennent temporairement une partie de chaque transaction pour couvrir d’éventuelles contestations. Une offre au taux attractif peut devenir coûteuse si une partie de vos encaissements reste immobilisée plusieurs mois. Posez la question, et demandez le pourcentage et la durée.

Et le coût de ne pas encaisser par carte ?

Il y a un poste que personne ne met dans le calcul, et il est souvent le plus lourd.

Si vous travaillez au chèque et au virement, vous avez des délais, des relances, et des factures qui ne rentrent jamais. Ce temps et ces pertes ne figurent sur aucune grille tarifaire, mais ils sortent de votre poche.

Avant de décider qu’une commission est trop chère, mettez-la en face de ce qu’elle vous évite. C’est le seul calcul qui donne une réponse utile.

Les questions à poser avant de signer

Une liste à garder sous la main quand vous appelez un fournisseur :

  • Quel est le taux de commission, et varie-t-il selon mon volume ?
  • Y a-t-il un abonnement, et à partir de quel seuil s’applique-t-il ?
  • Y a-t-il un coût fixe par transaction ?
  • Le terminal est-il loué ou acheté ? Quel est son coût sur un an ?
  • Quelles sont les conditions pour les cartes professionnelles et étrangères ?
  • Quelle est la durée d’engagement, et comment résilier ?
  • Y a-t-il des frais de mise en service ou de dossier ?
  • Sous quel délai les fonds arrivent-ils sur mon compte ?
  • Y a-t-il une réserve sur les fonds ? Si oui, quel pourcentage et pendant combien de temps ?
  • Les fonds sont-ils versés sur mon compte, ou transitent-ils par un compte chez le prestataire ?

La dernière question mérite une attention particulière. Chez Allo Carte, les fonds sont versés directement sur votre compte bancaire : nous ne sommes pas intermédiaire d’encaissement. Ce n’est pas le cas de toutes les solutions, et ça se vérifie avant de signer, pas après.

Faire le calcul avec vos chiffres

Si vous voulez appliquer cette méthode à votre situation, il nous faut trois informations : votre volume mensuel encaissé par carte, votre nombre approximatif de transactions et votre panier moyen. Avec ça, nous vous indiquons la formule et le tarif qui correspondent à votre profil.

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